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3 questions à Bénédicte Delebarre, sophrologue caycédienne.

Infirmière à la retraite, Bénédicte Delebarre est aujourd'hui sophrologue caycédienne à temps complet. Elle travaille main dans la main avec le personnel hospitalier du CHR de Lille et témoigne sur l'apport de la sophrologie dans la prise en charge non médicamenteuse de la douleur à l'hôpital. Elle nous explique pourquoi et dans quels cas la sophrologie est un outil intéressant pour accompagner les patients confrontés à la maladie et à la douleur, mais aussi pour le personnel soignant et le corps médical en général.

Dans le cadre de votre profession, vous avez souvent été confrontée à la douleur. Que vous a apporté la Sophrologie Caycédienne dans votre façon d’aborder la souffrance des patients ?

J’ai travaillé environ 30 ans dans le service de Neurophysiologie Clinique du CHRU de LILLE en tant qu’infirmière. Je faisais des électroencéphalogrammes mais surtout des potentiels évoqués pour essayer de diagnostiquer différents types de douleurs et de disfonctionnements, du système nerveux.
 
Au cours de ma carrière j’ai rencontré beaucoup de patients douloureux mais aussi de nombreux médecins et professeurs Neurologues, Neurochirurgiens et bien d’autres Spécialistes.
 
Un jour, j’ai fait une rencontre insolite qui a changé progressivement ma vie. Toujours inquiète, toujours stressée, toujours dans la compassion de celui qui souffre j’ai rencontré dans mon travail une jeune interne qui m’a appris beaucoup dans sa façon d’être dans son questionnement et dans sa joie de vivre.
 
C’était Natalia Caycedo qui faisait à l’époque de la recherche sur le stress dans notre service. J’ai souvent pensé à elle mais il m’a fallu 10 ans pour réussir à franchir la porte de la Sophrologie Caycédienne.
 
Sophrologue, j’ai continué à travailler dans le même poste mais avec une autre approche du patient, de la famille  et du corps médical.
 
Il a encore fallu quelques années pour que  les lois me permettent d’avoir un cumul d’emploi et ainsi avoir mon cabinet de sophrologie en ville.

Quelles évolutions dans la prise en charge de la douleur à l’hôpital avez vous constaté et dans ce cadre, comment est perçue aujourd’hui la Sophrologie par le corps médical ?

Au niveau de mes chefs il a fallu du sérieux, du travail de la persévérance  pour que la confiance s’installe et que l’on m’autorise à commencer de petites initiations en Sophrologie Caycédienne. La communication, l’être, le travail sont très importants et ce sont des personnes avec qui je ne travaillais pas directement qui m’ont tendu la main et qui m’ont proposé officiellement d’intervenir 4 fois par an auprès des aides-soignants pour parler de la douleur et de la sophrologie.
 
Il y a eu ensuite une fois par an le forum de la douleur où j’anime 3 ateliers depuis 2013 sur la douleur et la sophrologie, techniques non médicamenteuses. Puis on m’a confié  l’intervention « Douleur et Sophrologie » à la fac de médecine pour les Infirmières se préparant au Diplôme Universitaire de la douleur. Cette formation avait été confiée dans un premier temps à Madame Lejosne, ex-directrice de l’école de Sophrologie Caycédienne de Lille et maintenant directrice de école de Corse, puis à Madame Michèle MANAVIT, sa remplaçante qui m’a offert la possibilité de faire cette formation.

Alors vous êtes aujourd’hui une infirmière à la retraite, mais une Sophrologue à temps complet ?

Actuellement Je suis à 100% auto-entrepreneur. Je continue mes actions au CHRU et j’assiste à de nombreuses invitations. Je suis collaboratrice de l’école de Sophrologie Caycédienne de Lille avec Michèle Manavit. J’ai mon cabinet où je reçois des personnes présentant des troubles du sommeil en collaboration avec un médecin du sommeil.
 
J’interviens également  auprès des patients ayant un besoin de trouver leur propre équilibre dans notre société, au niveau du travail, de la famille, du sport. Dans cette recherche nous retrouvons de nombreux symptômes qui sont bien souvent suivi par les médecins et spécialistes : douleurs, stress, troubles du sommeil.
 
Les portes s’ouvrent de plus en plus à la Sophrologie Caycédienne mais nous avons toujours beaucoup de travail à fournir pour nous faire connaitre et reconnaître.

Propos recueillis par Marie-Hélène Sepulchre pour Sofrocay

Découvrez l'interview de Bénédicte Delebarre