Quand l’équilibre corps-esprit mène aux podiums

Quand l’équilibre corps-esprit mène aux podiums

 
Par Marie-Hélène Sepulchre
 
 
 
Les nageuses du club Toulouse Nat’ Synchro en parallèle d’un entraînement sportif intensif avec leur entraîneur Béatrice Levy-Valensi ont bénéficié de séances de sophrologie avec Eddy Plume, sportif de haut niveau et sophrologue caycédien.

Ce double coaching semble leur avoir réussi puisqu’elles ont remporté le titre de championnes de France N2 à l’épreuve Highlight en natation synchronisée.

La recette de la victoire

 
Elles s’appellent Marine, Chiara, Léonie, Oryane, Inès, Mathilde, «Nesquick» et Léa. Elles ont entre 11 et 15 ans et elles ont triomphé aux championnats de France N1&N2 de natation synchronisée qui se sont déroulés du 15 au 21 mai 2017 à Toulouse.
 
Équilibre, respiration, entraînement, valeurs, esprit d’équipe, respect, concentration : c’est la meilleure recette des sportifs pour progresser, se dépasser et dans leur cas, pour gagner. La victoire, elle ne l’ont pas volée. La sophrologie, n’est évidemment pas l’unique ingrédient qui leur a permis cette belle performance, mais peut-être a-t-elle été le sel qui a fait que cette année, la sauce a pris.
 
Découvrez en image la chorégraphie de l’épreuve Highlight en natation synchronisée qu’elles ont remporté :
 
 

Ce qu’en pense Béatrice Levy-Valensi, leur entraîneur


Avez-vous été surprise par cette victoire ?

C’est vrai que j’étais très surprise parce qu’on a fonctionné avec une nouvelle région cette année et la qualification aux Championnats de France c’est un peu le même principe que pour les Jeux Olympiques, c’est à dire qu’il y a un certain nombre de ballets pour se qualifier dans chaque région. J’avais très peur qu’elles ne soient pas qualifiées cette année parce qu’il y avait de très gros clubs en face dans notre région et le nombre de ballets qualifiables était restreint.
 
Le choix de faire ce ballet de Highlight est parti de là, parce que je pensais qu’elles avaient plus de chances de se qualifier avec le Highlight que d’être qualifiées avec le ballet d’Equipe. De là à penser qu’elles allaient finir premières en championnats N2, je ne l’avais jamais envisagé !
 

Ni elles, ni vous ne vous attendiez au podium ?

Ah non ! On avait beaucoup de pression, aussi bien les filles que les entraîneurs, parce qu’en plus on organisait les Championnats de France, donc ça aurait été très malvenu de ne pas être qualifiées. Alors on a mis toutes les chances de notre côté en préparant cette épreuve supplémentaire, mais c’était du travail en plus, donc du temps en moins pour la préparation aux autres épreuves. Mais nous avons fait le bon choix puisque c’est une épreuve qui est relativement nouvelle, il n’y a pas énormément de clubs qui la préparent. Et ça payé !
 

Quels sont les spécificités de ce ballet Highlight ?

C’est un ballet beaucoup plus court que les autres mais avec des figures imposées. Dans le ballet d’Equipes il n’y aucune contrainte pour l’instant. Dans le Highlight, il y a beaucoup de portés et il doit y avoir des figures dites en «kaléidoscope» et une figure «accrochée», c’est à dire en contact les unes avec les autres.
 

A quoi attribuez-vous cette victoire-surprise ?

D’une part, la chorégraphie qui a été montée en grande partie par un jeune entraîneur (qui n’est plus au club maintenant) a beaucoup plus. D’autre part, nous avons beaucoup travaillé.
 
Ensuite, il y a eu la première étape du Championnat de France qui est éliminatoire mais où elles ont été premières. Ce qui est étonnant parce qu’aux régionales, elles ne l’étaient pas. C’est vrai qu’il y a aussi le facteur jugement, parce que d’une compétition à l’autre, ce ne sont pas les mêmes juges. Ils y a pleins de facteurs qui jouent... Mais c’était une équipe unie, qui avait compris l’enjeu de la compétition et Dieu sait si ce n’est pas facile à cet âge-là. C’est un âge où il n’est pas évident qu’elles restent concentrées du début à la fin. Certaines se sont blessées, et malgré tout, elles ont réussi à rester mobilisées du début à la fin. Pourtant on leur a mis la pression dès le premier entraînement de l’année.
 

En tant qu’entraîneur, comment les avez-vous «coachées» le jour J ?

Le jour de la compétition, ma manière de fonctionner c’est de les transcender. Parfois ça marche parfois ça ne marche pas... C’est quitte ou double ! Mais cette fois-ci ça a marché. Je leur dit qu’elle sont les plus belles et les meilleures. On retrace toute l’année ensemble, je leur dit que le jour J c’est maintenant, que l’objectif de l’année est arrivé et que ce n’est pas le moment de se louper. Quand à la préparation sophrologique dans l’année, ce que j’avais demandé à Eddy (le sophrologue) c’était de travailler vraiment sur l’équipe, sur l’esprit de groupe et sur le fait qu’elles tendent toutes à aller dans la même direction, au même moment quand il le fallait. Parce que pour ces fameux portés dans le Highlight, il faut qu’elles soient toutes sur le même objectif au même moment. C’est dans ces moments-là que l’esprit d’équipe parle. En plus, il s’agit de pré-ados et d’ados, elles ont entre 11 et 15 ans. Ce qui fait quand même 4 ans d’écart entre la plus jeune et la plus âgée. Ce n’est pas du tout évident, ce sont des filles... il y a parfois un grand décalage entre la maturité de l’esprit et celle du corps, alors c’est  parfois compliqué à gérer.
 

Ce travail sophrologique sur l’esprit d’équipe a-t-il porté ses fruits ?

Ce que j’ai senti, c’est elles avaient compris qu’on les prenait en considération et qu’on mettait tout en oeuvre pour que ça marche. C’est nouveau pour nous l’intervention d’un sophrologue, on ne l’avait jamais fait. C’était chouette de le mettre en oeuvre. Les plus grandes du groupes n’ont pas forcément adhéré. Elles ont assisté aux séances parce qu’elles sont bien élevées, mais certaines n’ont pas accroché. Mais pour le bien de l’équipe, elles ont joué le jeu.
 
Pour d’autres, qui ont été plus réceptives, j’ai observé une meilleure confiance en elles. J’espère et je pense que ça les a soudées encore un peu plus. Elles passent beaucoup de temps ensemble avec tous les entraînements tout au long de l’année. Elles se connaissent donc très bien et sont forcément très soudées. Mais il arrive aussi qu’il y ait des clashs et des «coups de gueule» de temps en temps, parce qu’elles ont des choses à se dire et certaines sont plus enclines à cela que d’autres. Je suis certaine que la sophrologie les a soudées un peu plus encore. Comme elles avaient la possibilité de s’exprimer après les séances, elles ont appris à se connaître autrement.
 

Souhaitez-vous qu’elles poursuivent les séances de sophrologie pour la saison prochaine ?

Je sais qu’Eddy (le sophrologue) intervient aussi auprès des adultes du club et a priori c’est plus facile avec ce groupe, l’accueil des séances est meilleur parce qu’elles ont plus conscience de ce que cela peut leur apporter. Pour les jeunes, l’année prochaine nous serons dans une situation inédite parce que nous fusionnons avec un autre club et la piscine où nous nous entraînons tous les jours ferme pour travaux donc nous aurons aussi moins de créneaux disponibles. Aurons-nous la possibilité de continuer ces séances ? Peut-être, je l’espère, mais pour le moment je l’ignore. Mais si c’est possible je suis partante parce que c’est chouette ! Maintenant que nous avons commencé le travail, je pense qu’il faut aller jusqu’au bout.
 

Sophrologie testée et approuvée

« La première fois, je me suis demandé à quoi servait la sophrologie. Et après j’ai compris que ça allait m’aider à me concentrer. Dans les vestiaires, avant la compétition j’ai réussi à faire des exercices de respiration et certains gestes pour me relaxer. C’est bien aussi pour aider à mieux se concentrer.»
 
 
 
 
«Nesquick», 11 ans
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
« J’étais très stressée et le sophrologie m’a appris à contrôler ma respiration et à me calmer. J’ai appris qu’il y a du bon stress et du mauvais stress. Maintenant je sais chasser le mauvais stress. Parce que si je respire mal, ou que je panique, je compte trop vite la musique et je ne suis plus dans le rythme. Maintenant j’utilise aussi ces techniques pour évacuer le mauvais stress avant un examen à l'école et si je vois des amis qui stressent trop maintenant je leur dit respiiiiiire.»
 
 
 
  Marine, 14 ans

 

 

 

 


 

 

Coaching sophro par Eddy Plume

Sportif de haut niveau, Eddy Plume est féru de course à pied. En 2015, il fait le tour de France en courant. Ce n’est pas rien. Ce n’est pourtant pas un homme pressé. Eddy Plume est aussi sophrologue caycédien et s’est formé à l’ESC31 de Toulouse. Père d’une des jeunes nageuses, c’est donc tout naturellement qu’il a proposé ses services au club Toulouse Nat’Synchro.
 
« A la demande de leur entraîneur, j’ai commencé à aborder les séance sur le thème de la groupéité. Les séances ont commencé en septembre à raison d’une heure, une fois par semaine.

« Il y a eu un gros travail sur les valeurs : Partage - Respect - Volonté. Parce que faire semblant ne paie pas dans le sport... »

Au début le protocole était simple : SDBV (Sophronisation de Base Vivantielle), SDN (Sophro Déplacement du Négatif) et les techniques-clé. J’ai particulièrement insisté sur l’énergie, la vitalité et l’équilibre du groupe. Au début les techniques duraient entre 15 et 20 minutes. Le reste du temps était dédié à un temps de parole. C’était parfois compliqué... Certaines ne se respectaient pas, ne s’écoutaient pas, il a dans l’équipe des caractères forts et d’autres plus effacés. Ça ne laisse pas forcément l’espace à chacune de s’exprimer. Petit à petit ce temps de parole dit de «Phénodescription» a été plus respecté. Même si certaines des filles n’adhéraient pas forcément aux séances.
 
Dans un premier temps, je n’ai jamais prononcé le mot «compétition». L’objectif prioritaire était la cohésion du groupe. A partir de janvier, nous avons commencé les techniques de Futurisation, avec, en ligne de mire les examens de fin d’année et la compétition. Puis il y a eu un gros travail sur les valeurs. Partage. Respect. Volonté. Parce que faire semblant ne paie pas dans le sport...
 
J’ai commencé alors à percevoir une évolution dans le groupe.
Sur les 8 filles, 3 ont bien accroché, 2 étaient plutôt mitigées, 1 dubitative et 2 sans opinion. Mais l’essentiel c’est qu’il n’y ait eu aucun rejet !
 
Fin mars, début avril, je leur ai proposé une séance pour mieux se préparer au sommeil. Elles ont beaucoup apprécié et se sont toutes senties relaxées. Imaginez que ces jeunes filles finissent leur entraînement à 20h30, et le sport, surtout à un rythme intensif, fait sécréter beaucoup d’endorphine et elles ont souvent du mal à trouver le sommeil. 
 
Un autre axe de travail a été l´équilibre et la vitalité ainsi que la verticalité dans l’eau. J’ai essayé de faire le parallèle avec la vie de tous les jours où il est essentiel de se faire confiance. Pour ce travail le protocole était le suivant :
 
SDBV (Sophronisation de Base Vivantiel), SDN (Sophro Déplacement du Négatif), Futurisation Libre et Renforcement Vital.
 
J’ai eu la double casquette de sophrologue et de coach. Mon rôle était de leur donner des outils, toujours dans l’action positive et dans la mesure du possible j’illustrais mes propos d’exemples concrets. Je suis sûr et certain qu’elles s’en sont imprégnées bien plus qu’elles ne l’imaginent...
 

Un partenariat gagnant

La proposition d'un entraînement sophrologique aux graines de championnes est à l’initiative d’Eddy Plume. Ce projet s’est concrétisé par une collaboration inédite entre le club Toulouse Nat’Synchro, l’école de l’ESC 31 Toulouse et Sofrocay. En concertation avec le club Toulouse Nat’Synchro et Claude Daguerre, directeur de l’ESC31 Toulouse, il a été décidé de poser un cadre à cet entraînement sophrologique et de rédiger une convention tripartite avec Sofrocay.
 
 
Au delà de poser un cadre rassurant pour le club, les jeunes sportives et leurs parents, une convention pose les bases d’une collaboration sérieuse, professionnelle et pérenne entre les parties.
Claude Daguerre, directeur de l’ESC 31 Toulouse invite les sophrologues à se rapprocher des écoles et des sophrocentres pour obtenir le soutien et la logistique nécessaires à ce type de collaborations que ce soit des clubs sportifs, des associations, des entreprises ou des institutions.
 
Nous disposons du matériel nécessaire que nous pouvons mettre à disposition des sophrologues qui souhaitent faire connaître la Sophrologie Caycédienne. Il ne faut pas hésiter à nous solliciter ! Nous soutenons toutes les bonnes initiatives ! Stands, affiches et brochures thématiques sont les bienvenues pour faire découvrir notre belle discipline au grand public avec un message clair et de façon professionnelle.
 
Le temps de la compétition, j’ai tenu un stand aux côtés des autres partenaires officiels et cela a permis de dialoguer, de répondre aux questions des personnes intéressées, de présenter les écoles  et de faire découvrir la Sophrologie Caycédienne à un public différent. »
 
Claude Daguerre, directeur de l’ESC31 Toulouse
 
A bon entendeur...
 
 

Encore bravo aux championnes et qui sait...

Futurisation Libre : vous les verrez peut-être un jour sur un podium olympique ;-)