Le Lycée Les Palmiers de Nice ouvre ses portes à la sophrologie !

Le Lycée Les Palmiers de Nice ouvre ses portes à la sophrologie !

Par Marie-Hélène SEPULCHRE

 
 
Un vent nouveau souffle dans les couloirs du Lycée Les Palmiers. Depuis le mois de janvier 2014, l’établissement niçois s’est lancé dans une aventure inédite : proposer aux élèves, aux enseignants et au personnel du lycée de s’initier à la sophrologie.
 
C'est aujourd'hui ensemble qu'ils ont décidé d'« Agir pour un climat scolaire bienveillant et favoriser la réussite des élèves par la pratique de la Sophrologie Caycédienne. » Un vrai pari sur l'avenir doublé d'un élan général vers le positif.
 
 

      SOMMAIRE

 

 
 
 
 
 

Céline Cherbetdjian, professeur de commerce, économie et droit au Lycée Les Palmiers et sophrologue caycédienne.

 
Enseignante depuis 11 ans, Céline Cherbetdjian commence à ressentir comme bon nombre de ses collègues une forme de lassitude. Elle aime son métier et ses élèves mais se sent parfois découragée par le climat de tension qui règne au lycée. Démunie face à certains élèves souvent en difficulté scolaire, sociale ou familiale, elle sent que le stress commence à l’atteindre, elle aussi.
 
Afin de se « rebooster » personnellement et professionnellement, elle entame en mars 2012  une formation en Sophrologie Caycédienne et ça fonctionne. Le déclic espéré opère et elle poursuit avec détermination sa formation jusqu’à l’obtention de son titre de sophrologue caycédienne. La sophrologie lui fait tellement de bien qu’il lui semble évident qu’elle doit absolument la transmettre à son tour, en commençant par le lycée où elle travaille : « J’ai fait part de mon idée de projet à Sofrocay de façon informelle. Au début, c’est parti d’un délire, comme une idée folle ! », se souvient-elle.
 
Message reçu, Sofrocay la prend au mot et appuie son action :
 
« Tout a été très vite. J’ai été contactée en février 2014 par Sofrocay très intéressé par mon projet et ce avant même qu’il ne soit amorcé ! Alors, il fallait que j’agisse. Le lendemain matin, j’ai présenté le projet à Philippe Albert, le proviseur. Et une semaine après, j’avais son feu vert ! »
 
Le 25 mars 2014, une centaine de personnes assiste à une soirée pédagogique hors du commun au Lycée Les Palmiers sur le thème : « la Sophrologie au service d’un climat scolaire bienveillant et favorable aux apprentissages. », mais aussi par la présence du Dr Natalia Caycedo, venue spécialement de Barcelone. Son intervention « Comment transformer un élève réfractaire en élève volontaire » suivie de la proposition d’un protocole d’expérimentation marque les esprits tout comme les ateliers de pratique de  la Sophrologie Caycédienne. A l’issue de la soirée, des questionnaires ont été distribués aux participants. Près d’1/4 des professeurs étaient très intéressés de poursuivre la démarche…
 
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De la théorie… à la pratique !

 
Après la présentation, place à l’initiation. Des séances de découverte de la  Sophrologie Caycédienne sont proposées aux élèves volontaires. L’expérience fait mouche. Les élèves sont emballés. Ils iront même jusqu’au bureau du proviseur pour réclamer d’autres séances. En juin dernier, à la demande d’un groupe d’élèves, Céline Cherbetdjian improvise même une petite séance dans un parc, le matin, juste avant leur épreuve d’examen. « Je les ai sentis modifiés, plus confiants » se souvient-elle.

Depuis la rentrée scolaire 2014-2015, la section « Gestion Administration » du Lycée Les Palmiers suit un protocole d’entraînement spécifique réalisé et animé par Céline Cherbetdjian et Yoann Berteotti, sophrologue caycédien, co-directeur de l'école de Sophrologie Caycédienne de Nice et préparateur psychologique du sportif.
Cet entraînement sophrologique, est une adaptation validée par Sofrocay de la méthode VES (Valeurs, Études et Sophrologie), développée par le Dr Natalia Caycedo.
 
L’entraînement comprend 8 séances par groupe de classe avec pour chacun d’eux un axe de travail adapté.
  • Le groupe de la classe de 2nde  travaille sur la motivation.
  • Le groupe de 1ere travaille sur l’assiduité et la construction du projet professionnel
  • Le groupe de Terminale travaille sur la gestion du stress et la préparation aux examens.
 

« Je ne m’attendais pas du tout à ça ! »

 
Laureen Marais, 18 ans, en Terminale de CAP Employé de Vente Spécialisé au Lycée Les Palmiers
 
Laureen Marais, est en Terminale de CAP EVS (Employé de Vente Spécialisé) et n’avait jamais entendu parler de sophrologie avant d’en faire au lycée. C’est dans la classe de Céline Cherbetdjian, son professeur principal, qu’elle l’a découverte. « Je ne m’attendais pas du tout à ça. Je pensais que c’était du pipeau, un peu comme l’hypnose (sic) ». Elle se souvient de la première séance : « Au début, certains élèves riaient, ne prenaient pas ça au sérieux. Ce n’était pas facile de se concentrer. A la fin de la première séance, je me suis sentie très fatiguée, relâchée et un peu vide. » Après plusieurs séances d’entraînements elle commence à mesurer et à s’approprier l’intérêt de la technique. « Je suis beaucoup plus concentrée en classe maintenant. Et s’il m’arrive de manquer de concentration, ou de ressentir du stress, je ferme les yeux, je fais quelques exercices de respiration et ça va beaucoup mieux. »
 
Aujourd’hui Laureen a le projet de passer un Bac Pro Vente après son CAP. « Maintenant que je suis plus concentrée sur les études, je vais me servir des techniques de sophro pour passer mon permis ! ». Sans (mauvais) stress ? L’avenir nous le dira !
 
De leur côté, enseignants, CPE, mais aussi l’infirmière du lycée et le proviseur ont eux aussi formé un groupe aussi mixte qu’inédit d’une vingtaine de personnes. Animées par Yoann Berteotti, sophrologue caycédien, préparateur psychologique du sportif, psychologue du sport, ces séances se déroulent pour ce groupe en dehors du temps scolaire.
 


Trois questions à Philippe Albert, Proviseur du Lycée Les Palmiers

 

Se ressourcer pour se retrouver. Ici et maintenant. ».

Philippe Albert, proviseur du Lycée Les Palmiers.

Nous avons demandé à Philippe Albert de nous livrer ses impressions suite aux séances de sophrologie qu’il a suivies avec son groupe constitué de professeurs et de membres de l’équipe éducative de son établissement.
 
1) Que pensez-vous que la sophrologie peut apporter dans un lycée ?
 
« La sophrologie apporte un changement dans l’approche des choses et des personnes. Depuis que nous suivons ces séances de groupe, j’ai l’impression que les tensions passent au second plan dans les équipes. C’est un entraînement qui donne envie de donner le meilleur de soi-même. Attention, tout n’est pas rose non plus. Au sein du groupe, j’ai observé la frustration de certaines personnes qui auraient sans doute souhaité entrer dans une sphère plus intime pendant les séances, pour approfondir la démarche ou partager davantage de ressentis. Mais je pense que ce n’est pas non plus le but. Pas au lycée. Nous devons veiller à rester dans la sphère professionnelle. En revanche, depuis les séances, j’observe une meilleure qualité relationnelle dans les équipes et de plus ce projet autour de la Sophrologie Caycédienne est soutenu par le Pôle Académique de Soutien à l’Innovation du Rectorat. Cette expérience, suscite l’intérêt et la curiosité d’autres collègues au niveau local et même des media. Tout ce qui peut permettre aux élèves et aux enseignants de se sentir mieux, tout ce qui peut améliorer le climat scolaire mérite d’être tenté. »
 
2) En tant que proviseur, que vous apportent ces séances de sophrologie ?
 
« J’ai observé une modification relationnelle au niveau du groupe et remarqué une plus grande authenticité dans les liens. J’ai apprécié que l’on se retrouve dans les points positifs. Je pense que la sophrologie est un outil qui améliore la perception que l’on a de soi et de sa profession. Elle permet d’adopter une posture professionnelle empreinte de bienveillance. »
 
3) Et sur le plan personnel, qu’est-ce que la sophrologie a modifié en vous ?
 
« Pendant les séances, j’ai senti des choses qui se sont passées dans mon corps. Une décontraction, évidemment, mais j’ai senti également des points d’ancrage. Au fur et à mesure des séances, j’ai appris à mieux écouter mon corps, je suis devenu attentif aux signaux de stress.  Le corps encaisse, des maux apparaissent… Cette prise de conscience a déclenché chez moi un autre travail. J’ai consulté un ostéopathe ! Ce qui me plaît dans la sophrologie, c’est cet élan général vers le positif qu’elle déclenche. J’aime ces exercices qui ramènent  à un souvenir positif. Ca permet de lâcher prise dans l’instant présent et de garder un sentiment agréable en soi. Faire de la sophrologie, c’est se ressourcer pour se retrouver. Ici et maintenant. »
 


Testée et adoptée par une prof !

 

« La sophrologie m’a permis d’être et de laisser être. »

Isabelle Codani, professeur en Economie
et Gestion au Lycée Les Palmiers.
 
« J’ai découvert les effets de la sophrologie avant la naissance du projet du lycée. J’avais repéré sur une collègue qui a fait des entrainements de Sophrologie Caycédienne un changement perceptible à l’œil nu. C’était saisissant de voir comment elle était passée d’une attitude plutôt effacée à une présence assumée en si peu de temps. Ça m’a interpellé. J’ai donc commencé les entraînements en mars 2014 de façon spontanée à l’Ecole de Sophrologie Caycédienne de Nice avec Yoann Berteotti. Ensuite, j’ai évidemment participé aux séances de groupe au Lycée Les Palmiers.
 
Le lycée, ce n’est pas un terrain neutre. Et c’est justement ça qui est intéressant ! Les séances m’ont permis de changer mon regard sur mes collègues. Les tensions qui existaient se sont peu à peu estompées et j’ai travaillé sur la mise à distance des historiques pas toujours positifs que j’avais avec certains d’entre eux. Je suis aujourd’hui apaisée dans ma relation avec ces personnes. Mon regard a aussi changé sur le proviseur. Sa présence aux séances m’a épaté. Il y était tellement différent que dans le quotidien… Il a montré l’exemple à tout le monde en y participant et cela a facilité le travail de groupe. Dans mon rapport aux élèves aussi, la sophrologie m’a beaucoup apporté.
 
Le fait d’être dans « l’ici et maintenant », m’aide à mieux observer les personnes, les choses, les petits détails…comme si j’étais plus consciente. J’ai proposé à mes élèves d’en faire autant. De prendre le temps. Et comme je suis plus posée, je m’autorise à transmettre à l’élève un savoir être, au-delà du savoir-faire et des connaissances. Je me souviens particulièrement d’un élève qui intervenait systématiquement en classe, à l’oral. Il ne laissait pas la place aux autres. Un jour, je lui ai simplement dit « Vous savez, que quand vous ne parlez pas, vous existez aussi ? » Depuis, il parle beaucoup moins et ne coupe plus la parole aux autres.
 
Je pense que j’ai changé. Aujourd’hui, je prends de la distance, j’ai intégré l’idée que l’on peut travailler ensemble sans pour autant avoir les mêmes valeurs. La sophrologie m’a permis d’être et de laisser être. C’est une belle expérience qui nous fait grandir. Les séances de groupe ont créé une bonne ambiance, une complicité entre nous. J’aime l’idée d’être posée dans le présent plutôt que de courir tout le temps.  Ces séances permettent aussi d’être soi ET dans le groupe (au lycée, en classe, etc.) et ça repose ! Même si l’expérience était ponctuelle, c’est positif parce que la sophrologie est un entraînement que l’on peut reproduire de façon autonome. D’ailleurs, je fais très régulièrement une petite sophronisation de base dans ma voiture ou dans la salle avant le cours…ça crée un équilibre et ça c’est précieux ! »
 
 

« Au-delà des petits maux se cachent souvent des grands maux »

 
Marie-José Primard, Infirmière scolaire au Lycée Les Palmiers
 
Avant de devenir infirmière au Lycée Les Palmiers,  Marie-José Primard avait déjà été sensibilisée à la sophrologie et à ses techniques relaxantes dans sa carrière de soignante. Dans les années 90, alors qu’elle travaillait à l’hôpital, elle y avait suivi une formation d’une semaine animée par un infirmier sophrologue. Elle se souvient des techniques de visualisation positive, qui lui avait été présentées à l’époque : 
 
« Je travaillais dans un service hospitalier en hématologie. Des exercices de respiration et de visualisation positive des globules blancs avaient été proposés à certains patients. A l’époque, je n’étais pas suffisamment formée pour utiliser ces techniques avec les patients, en revanche, une infirmière et la psychologue les avaient expérimentées. Sur le plan médical, je ne suis pas en mesure de noter si l’évaluation était positive, mais je me souviens que ces techniques convenaient psychologiquement à certains d’entre eux. La Sophrologie Caycédienne, c’est vraiment différent. Ca n’a rien à voir avec ce qui m’avait été enseigné à l’époque. Je m’en suis rendu compte en participant aux ateliers proposés au lycée. L’idée de réunir dans un même groupe, le proviseur, le CPE, les enseignants, le chef des travaux, l’infirmière, etc., ça met déjà tout le monde au même niveau. Ça change le regard que l’on a sur la hiérarchie, on se voit différemment, on apprend à se connaître et à lâcher prise tous ensemble. Pendant les séances, il n’y a pas de jugement de valeur, mais du respect, une écoute mutuelle et on s’aperçoit qu’on pose un regard bienveillant sur l’autre. »

Marie-José Primard est bien placée pour reconnaître que la pratique de la sophrologie au lycée ne peut que faire du bien aux élèves.

«  Les ados qui viennent frapper à la porte de l’infirmerie sont souvent stressés, anxieux, subissent ou expriment une violence verbale, voire physique. Ils ont besoin de parler, d’être écoutés. Au-delà des petits maux se cachent souvent des grands maux. Les difficultés familiales, personnelles qu’ils vivent se traduisent souvent par beaucoup de somatisation, des crises d’angoisse, des problèmes d’attention, de concentration, de mémoire, etc. Ils ont beaucoup de mal à communiquer ce qu’ils ressentent. Ils viennent me voir parce qu’ils ont besoin de parler à quelqu‘un. Ils me prennent un peu pour leur maman, parce que quoi qu’il arrive, ils savent que je suis là et disponible. Pour les professeurs, c’est sans doute plus compliqué à gérer d’être à la fois dans la discipline et dans l’écoute. »
 
La sophrologie est une corde de plus à l’arc de l’infirmière du Lycée Les Palmiers dans sa démarche d’écoute et de prévention :
 
« Grâce aux techniques apprises lors des séances de sophrologie, j’essaie de faire le vide, pour ne pas trop me laisser submerger. Ça m’aide. Mais ce n’est pas toujours facile. Il y a beaucoup de passage à l’infirmerie, et je suis confrontée à beaucoup de stress, à de la violence. Les élèves sont dans l’immédiateté et demande une grande disponibilité. J’essaie aujourd’hui d’identifier les besoins des élèves afin de mettre en place un groupe et de leur proposer des séances de sophrologie en collaboration avec Madame Cherbetdjian. »
 
 

«  Ces ados n’ont pas l’habitude qu’on s’intéresse à eux comme cela »

 
Yoann Berteotti, sophrologue caycédien, co-directeur de l'école de Sophrologie Caycédienne de Nice et préparateur psychologique du sportif.

Yoann Berteotti, a suivi les adultes et les adolescents de l’établissement et a animé les séances d’entraînement sophrologique depuis le début du projet. Il revient pour nous sur son expérience au Lycée Les Palmiers.
 
« Les séances pour le groupe adulte ont eu lieu l’année dernière. Le protocole consistait à suivre une trame abrégée de la RDC 1 à 4 en 8 séances. Ce travail sur les valeurs a permis à l’équipe éducative et pédagogique de comprendre le fonctionnement de la méthode. C’est un point très positif car cela leur a permis d’en mesurer les intérêts et de bien présenter la Sophrologie Caycédienne aux élèves. Au début, certains avaient des à-priori, bien sûr, mais au fur et à mesure des séances, le groupe s’est progressivement ouvert. Tout le monde a pris la parole au moins une fois, c’était comme si un sentiment de confiance s’était progressivement installé. C’est surprenant, car les personnes que je sentais dans un premier temps sur la réserve sont justement celles qui se sont le plus ouvertes. »
 
En mai 2014, Yoann Berteotti et Céline Cherbetdjian interviennent auprès des élèves du Lycée Les Palmiers qui s’apprêtent à passer leur Bac, leur CAP ou leur BTS. Cette initiative de l’établissement qui vise à aider les élèves à mieux gérer le stress avant l’examen est remarqué et relayé dans les médias. A cette occasion, France 3 Côte d’Azur leur a consacré un reportage.
 
⇒ Cliquez sur l'image pour voir la vidéo
 
 
A la rentrée scolaire 2014-2015, vient le tour des élèves de 1ère et de 2nde. Yoann Berteotti nous confie ses impressions sur l’expérience qu’il partage avec ces élèves :
 

« Pour les jeunes, il est primordial de se baser sur le volontariat. Nous leur laissons le libre choix d’assister aux séances. Sinon, ça ne marche pas. Le protocole que nous suivons est une adaptation pédagogique de la méthode VES (Valeurs Etudes et Sophrologie). Mais cela doit rester une trame. Ce que j’entends par-là, c’est qu’il faut veiller à être dans l’adaptabilité permanente. En fonction de leur état de nervosité, de réceptivité le déroulement d’une séance évolue. Certains élèves sont à fleur de peau, envahis par leurs émotions, il est important de prendre le temps de les observer pour ajuster la trame de la séance quand c’est nécessaire. Par exemple,
Lors de notre dernière séance j’ai pu sentir chez un ou deux élèves (qui peuvent très vite devenir perturbateurs dans le groupe) un peu de frustration. J’ai engagé un échange à ce sujet. L’un d’entre eux m’a répondu qu’il ne se sentait pas libre. En poursuivant j’ai tout de suite compris qu’il y avait pour la majorité une grande confusion autour de cette valeur « liberté ». Être libre ce n’est pas faire tout et n’importe quoi. J’ai donc réorienté la séance. Nous avons pris le temps d’expliquer le libre choix et construit une technique pour que chacun puisse en faire l’expérience et se sentir un peu plus responsable de ce qu’il éprouve.  Et si nous sommes en train de travailler sur la concentration, je vais les inviter à ressentir ou à évaluer le niveau de concentration dans lequel ils se trouvent « ici et maintenant ».
 
A l’issu des séances, certains me posent beaucoup de questions, d’autres, au contraire, ne participent pas du tout, ils ont l’air d’être ailleurs…Pourtant ce sont justement ceux-là qui me surprennent le plus dans leurs phénodescriptions*. C’est vraiment étonnant !
 
Ce qui me touche beaucoup, c’est que j’ai remarqué que beaucoup d’entre eux ne se sentent pas pris en compte. Ces ados n’ont pas l’habitude qu’on s’intéresse à eux comme cela. Ces séances d’entraînement à la sophrologie leur permettent de se sentir reconnus, de devenir acteurs de la construction d’un sentiment positif. Cela va bien au-delà du simple coaching. Dans le coaching, on est dans le conseil, alors qu’avec la Sophrologie Caycédienne, ce sont les vivances qui, au fil des séances, font découvrir aux élèves eux-mêmes ce qui est bon pour eux. Ils commencent à comprendre que c’est dans leur intérêt. »
 
*description des phénomènes ressentis après une séance de sophrologie
 
 

Vers une reconnaissance de la Sophrologie Caycédienne par l’Education Nationale

 
Le 11 mars 2015, une Convention de Partenariat entre le Lycée des Palmiers, Sofrocay et l'Ecole de Sophrologie Caycédienne de Nice a été signée
 

Selon Yoann Berteotti, « cette convention vient sceller un partenariat pour pérenniser la Sophrologie Caycédienne au Lycée Les Palmiers. Il y a une réelle volonté de poursuivre. En suivant les élèves sur trois années nous pourrons étudier l’impact et les résultats de l’expérience. Le Rectorat et l’Académie de Nice suivent le projet avec beaucoup d’intérêt.
 
Des directeurs d’autres établissements m’ont déjà sollicité pour des interventions. Un professeur de biologie m’a contacté pour intervenir dans le cadre d’un projet qui lui tient à cœur sur la respiration. J’ai également accompagné Philippe Albert, le proviseur du Lycée Les Palmiers et Céline Cherbetdjian à un forum sur l’innovation pédagogique. »
 
La sophrologie commence à être connue et reconnue par l’Education Nationale et nous avons bon espoir pour que ça continue… Au-delà du Lycée Les Palmiers, à l’initiative de sophrologues caycédiens ou à la demande d’enseignants, les interventions se multiplient au lycée, au collège mais aussi à l’école primaire et maternelle. 
 
 
Catherine Faure-Desnoues, sophrologue caycédienne à Cannes et au Cannet (06)
 
Très impliquée dans l’organisation de la Journée Nationale des Jeunes JNDJ, Catherine Faure-Desnoues qui intervient en milieu scolaire a reçu les témoignages de ses pairs sur le terrain.

« Nous, sophrologues caycédiens, ressentons le besoin de mettre en place des actions unifiées pour travailler avec les équipes pédagogiques et éducatives au sein de l’éducation nationale. Notre avons une volonté commune d’introduire la sophrologie à l’école afin de développer un climat de bienveillance pour favoriser les apprentissages et nous travaillons également dans l’esprit du PIIODMEP (Parcours individuel d’information, d’orientation et de découverte du monde économique et professionnel) afin de faire de l’orientation un choix réfléchi et positif et non une étape ou l’élève est passif.
Le  PIIODMEP est actuellement expérimenté dans quelques établissements pilotes depuis janvier 2015 par l’Education Nationale.
 
Cette démarche s’inscrit dans deux approches : favoriser une meilleure connaissance du monde économique et aider les jeunes à trouver leur place dans la société en confiance et en conscience.
 
« Se découvrir soi-même, être conscient de soi, des autres, du monde qui nous entoure, développer son esprit d’initiative, devenir acteur dans la construction de son parcours de vie, lutter contre les représentations, toutes ces valeurs sont en parfaite cohérence avec celles de la Sophrologie Caycédienne.»

Découvrez les témoignages de sophrologues qui sont intervenues en milieu scolaire dans le cadre de la dernière JNDJ :

 
 
 

Des chiffres loin des idées reçues…

 
« Inconscients, désenchantés, paresseux : les adolescents correspondent-ils vraiment à ces idées reçues ? Ont-ils confiance en l'avenir ? » Extrait du l’enquête de l’INSERM*, parue en mars 2015.
 
D’après une étude de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, les ados seraient pourtant près de 50 % à déclarer qu’ils ont confiance en l’avenir. Pour les 50% qui sont moins confiants, peut-être qu’en les prenant mieux en compte, qu’en leur transmettant des méthodes de travail, qu’en leur donnant les clés vers un mieux-être, au-delà des connaissances, nous parviendrons à faire évoluer ces statistiques…
 
*Institut national de la santé et de la recherche médicale.
 


Valeurs, Etudes et Sophrologie

 
 
En Espagne, le programme VES, développé par le Docteur Natalia Caycedo est utilisé avec grand succès depuis plus de dix ans à l'Institut de Sophrologie Caycédienne de Barcelone.
 
Ce programme, destiné aux adolescents, s’articule autour de ces 3 axes de travail : 
  • Valeurs : inciter à une vie saine et plus équilibrée
  • Etudes : apprendre des techniques de base d’organisation de l’apprentissage
  • Sophrologie : développer sérénité, confiance et optimisme grâce à des techniques concrètes.
 Découvrez le témoignage de ces jeunes espagnols qui ont suivi ce programme en 2006. Ces ados et leurs parents parlent des bienfaits de la méthode. Gestion du stress, organisation, concentration, meilleure qualité du sommeil, mais aussi amélioration des relations parents/enfants et de l’ambiance familiale sont les aspects les plus positifs et durables que le programme leur a transmis.
 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Il sera possible de suivre le programme VES en France à partir de septembre 2015. Renseignez-vous auprès de votre sophrologue caycédien ou auprès de Sofrocay si cette formation vous intéresse.
 
 

Phénodescriptions* :

 
À la rentrée prochaine, nous reviendrons prendre des nouvelles des élèves du Lycée Les Palmiers pour savoir ce que la sophrologie leur a apporté. En attendant la fin de l’année scolaire, voici quelques extraits choisis de phénodescriptions qu’ils ont rédigées après les séances. Les changements perçus sont plutôt prometteurs…
 
Avant la séance, sentiment de la situation :
« Je me sens calme, un peu frustrée »
 Après la séance, Phénodescription* :
« Je me sens apaisée, détendue par rapport au début. »   
 
Sentiment de la situation :
 « Fatigué »
 Phénodescription :
« Avant de faire cet exercice je pensais à des choses pas bien alors pendant l'exercice je me suis senti bien relaxé. »
 
Sentiment de la situation :
« Je suis bien mais j'ai un petit mal au dos et aux abdos. »
Phénodescription :
«  Je me sens apaisée, calme. Au moment où M. Yoann a dit de relâcher le visage j'ai vraiment senti ce lâcher. Et quand j'ai respiré au niveau de la cage thoracique j'ai senti mon cœur battre plus vite. J'ai aussi réussi à enlever de mes pensées, les pensées mauvaises. »
 
Sentiment de la situation :
« Calme mais stressée »
 Phénodescription :
« J'ai eu l'impression de dormir, j'ai cru que mon corps tournait en rond, j'ai eu des sensations. Je me sens moins stressée et très calme, ça m'a fait du bien. »
 
Un élève plutôt chahuteur... Sentiment de la situation :
« énervé, fatigué »
Phénodescription :
« Au début, j'étais concentré après il y a eu un moment où ça m'a gratté donc j'ai perdu ma concentration. Mais je suis resté calme et j'ai respecté mes camarades. »
 
Sentiment de la situation :
« Enervée et triste »
 Phénodescription :
« J'ai enlevé toutes les pensées de ma tête maintenant je me sens fatiguée mais je ne suis plus énervée. »
 
« Au fond de moi un petit stress était là mais avec ces techniques sur nous-mêmes, au fil des minutes et avec la voix du sophrologue, cette part de stress est partie.  Je suis libéré - délivré - reposé - stable. » 
 
« J'avais la tête lourde mais une bonne sensation de chaud dans le cœur et mon corps se balançait d'avant en arrière. Je suis apaisée. » 
 
« Ça m'a mis de bonne humeur, c'est cool, avant j'avais la colère !. » 
 
« Ce qui a retenu mon attention c'est quand j'ai relâché les bras, je perdais l'équilibre, ça m'a fait beaucoup de bien. »
 
« Relâchement-léger. » 
 
« Je me sens juste plus tranquille, c'est déjà bien. »

 
« Quand j'ai ouvert les yeux, j'avais les larmes aux yeux. Pour finir, je me suis sentie mieux. » 
 

 
*description des phénomènes ressentis après une séance de sophrologie
 
 

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