La sophrologie à l’école, au collège et au lycée

La sophrologie à l’école, au collège et au lycée

Par Marie-Hélène SEPULCHRE

 
 
La sophrologie, testée et adoptée par des écoliers, des collégiens et des lycéens s’avère aussi être un outil pédagogique précieux pour les enseignants. Confiance en soi, motivation, concentration, gestion du stress et des émotions…
 
Découvrez à travers les témoignages d’enfants, d’adolescents, de professeurs, de sophrologues et d’une infirmière scolaire ce qu’elle change à l’école et en chacun d’eux.
 
 

    SOMMAIRE

 

Quand la sophrologie entre à l'école... et y trouve sa place 

 

Christine Demeure-Heems, sophrologue caycédienne, nous livre ses impressions sur ses interventions en milieu scolaire. Que ce soit à l’école primaire, au collège ou au lycée, la sophrologie semble être un outil intéressant pour les enseignants, le personnel pédagogique, les élèves mais aussi pour leurs parents…

 
« Les enfants sont obligés de tout réinventer dans notre société en pleine métamorphose, bouleversée par les nouvelles technologies, où tout change en permanence. Le philosophe, Michel Serres exprime que « nous connaissons une période d’immenses bousculements comparables à ceux de la Renaissance. »
 
Du savoir descendu unilatéralement, notre monde offre aujourd’hui aux enfants un accès illimité à la connaissance, qui se partage.
 
En période de crise, financière, sociale, politique, l’école n’y échappe pas. Et dans leur quotidien les enfants ne sont pas épargnés par le stress. Certains enfants sont confrontés très tôt à ses manifestations : troubles du sommeil, de la concentration, de la motricité, ou souffrent de somatisations diverses...
 
Plus que jamais, l’école a besoin de créer de nouvelles conditions de travail, d’accompagner différemment les enfants, en prenant en compte ce qu’ils sont dans leur globalité et dans leur individualité. Face à tout cela, je pense que la sophrologie est une aide précieuse.
 
 
 
Dans notre monde actuel, il est essentiel de savoir s’arrêter pour « aller à l’intérieur », respirer, ressentir, ne rien attendre, juste laisser venir et découvrir ses potentiels, ses valeurs. C’est un apprentissage qu’il faut expérimenter ...
 
C’est cette expérience que j’ai partagée avec plusieurs classes de niveaux primaires et collège.
 
Tout a commencé un jour en discutant avec un Professeur des écoles, j’avais à l’époque trois enfants en suivi dans sa classe. Les parents avaient expliqué la démarche de la sophrologie et face aux changements constatés, elle était intriguée. Suite à cela, elle m’a sollicitée pour que j’accompagne sa classe dans une démarche collective. L’idée était d’instaurer un temps spécifique, un « temps pour eux ».
 
Je suis donc intervenue dans la classe, avec des exercices courts et ludiques, en alternant des exercices dynamiques, de relaxation et d’activation. J’insistais sur la présence du corps et le ressenti (prise de conscience de son corps dans l’espace, en mouvement et les sensations internes). Pour leur permettre petit à petit de se poser, de découvrir leur corps différemment, prendre conscience de leur place et apprendre à reconnaitre leurs tensions et à les enlever.
 
Les exercices ont été repris tout au long de l’année, chaque jour 10 minutes en début de journée. Le résultat a été surprenant pour la maîtresse. Les enfants étaient plus calmes, ils étaient capables de se concentrer plus facilement. En fin d’année, le programme scolaire a été terminé sans problème et surtout la maîtresse a mis en avant les liens qui se sont créés entre les enfants, des valeurs partagées, et l’ambiance chaleureuse de la classe.
 
J’ai ensuite réalisé la même expérience dans d’autres écoles, avec des enfants d’âges différents.
Au collège, l’abord a été différent, j’ai travaillé en amont avec la CPE (Conseillère Principale d’Education) qui m’avait sollicité sur une problématique de concentration. La démarche a été mise en place pour les classes de 6ème. C’est par groupe de 10 élèves que j’ai animé des ateliers sur la concentration. Pour renforcer la démarche, j’ai également réalisé l’atelier avec les professeurs, le personnel pédagogique et des représentants de parents d’élèves. Ce qui a permis d’optimiser l’accompagnement par un relais à la maison et à l’école dans la durée.
 
Cette opération sera d’ailleurs reconduite l’année prochaine et multipliée.
 
Dans la continuité, je suis intervenue auprès d’une vingtaine de CPE de collèges et Lycées dans le cadre d’une journée sur le thème du « décrochage scolaire ». C’était l’occasion de présenter la démarche, les apports de la sophrologie : en quoi la Sophrologie est une technique précieuse et adaptée.
 
La Sophrologie trouve sa place à l’école, de plus en plus d’enseignants, de personnels pédagogiques et de parents en sont convaincus.... Et les enfants qui ont eu l’opportunité d’en bénéficier l’affirment ! »
 
Christine DEMEURE-HEEMS,
Sophrologue caycédienne  
 
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L'arbre du positif


Combien de fois les professeurs disent à leurs élèves : « Concentre-toi ! », mais ils ne leur expliquent jamais comment faire. Le projet suivant avait donc pour but de faire prendre conscience aux élèves de leur capacité à se concentrer et à la développer. Quand les enseignants et les enfants s’approprient la méthode.
 
En 2009, Les CM1 et CM2 de l’Ecole Carpeau d’Anzin ont découvert la sophrologie avec Sylvia Lieser, enseignante au collège et sophrologue caycédienne. Anne-Sophie Rancoule, leur institutrice, s’était portée volontaire pour expérimenter avec ses élèves la méthode avec les objectifs suivants :
  • Découverte du corps et détente
  • Concentration
  • Bien-être, confiance en soi
  • Activation du positif
Vaste programme ! Nous vous invitons à découvrir ce que cette expérience originale leur a apporté.
 
Contenu de ses séances :
  • Découverte des systèmes et leurs points d’intégration
  • Exercices de respiration pour aider à se calmer
  • Sophronisation de base pour apprendre à se détendre
  • Sophro-déplacement du négatif
  • Concentration sur un objet neutre
  • Exercices de RDC1 pour mieux connaître son corps et éliminer les tensions
Anne-Sophie Rancoule, l’institutrice, mettra un point d’honneur à participer aux séances en même temps que ses élèves. À la demande de la sophrologue, elle notera, dans la mesure du possible, tout ce qu’elle constate et ce qu’elle vit elle-même au cours des séances.
 
Voici quelques extraits choisis de ses phénodescriptions*
 
« J’ai trouvé les élèves très réceptifs et concentrés toute la durée de la séance (relativement longue pour eux). » 
 
« Vendredi après-midi, les élèves étaient un peu énervés […] Nous nous sommes mis en position de sophrologie (2ème degré) pendant quelques minutes, certains ont même fermé les yeux d’eux-mêmes et cela les a calmés »
 
« Voici une petite réaction à chaud de la séance de ce matin. J’ai trouvé les élèves très réceptifs dans l’ensemble aux propositions qui leur étaient faites. J’ai admiré leur capacité à tenter d’expliciter ce qu’ils ressentent, j’aurais eu bien plus de mal que certains ! […]En tout cas, cette séance a fait du bien à tout le monde et nous a permis d’aborder la journée plus sereinement. »
 
*description des phénomènes vécus lors d’une séance de sophrologie.
 
En décembre, les élèves décident de faire un article pour le journal de l’école, pour présenter leur nouvelle activité :
 
ARTICLE 1
 
« Le jeudi matin, Mme Lieser vient dans notre classe nous faire découvrir la sophrologie. La sophrologie nous aide à mieux nous concentrer sur notre travail. Pour cela, Mme Lieser nous propose plusieurs exercices d « relaxation dynamique ». Nous avons appris par exemple  à nous concentrer sur différentes parties de notre corps que l’on appelle « systèmes » : le front, le cou, le thorax, l’estomac, en dessous du nombril et le centre de notre corps : le nombril. Concentrés sur ces parties, nous essayons de chasser le négatif, c’est-à-dire tout ce qui pourrait nous empêcher de bien être à notre travail. Ensuite, nous travaillons à nous concentrer sur un objet de notre choix. Nous apprenons également différentes postures (assis ou debout) qui nous aident à être vigilants. »
 
Sensible à l’aspect positif de la sophrologie qui aide à mieux évacuer le négatif, l’enseignante s’approprie la méthode et l’utilise de façon concrète en mettant des rituels en place juste après les vacances de Noël. Un moment rituel sera mis en place chaque vendredi après-midi où ils feront le point sur les moments positifs de la semaine. Il lui vient alors l’idée de créer « l’arbre du positif » qu’ils mettront en place rapidement et qui plaira beaucoup aux élèves.
 
 
 
 
 
« Les élèves ont bien accroché au projet. L’idée est toute simple. Dès que du positif est exprimé, on l’écrit sur une petite feuille et on colle cette feuille sur les branches de l’arbre. Ainsi l’arbre se couvre de feuilles au fur et à mesure. Les enfants étaient très réceptifs et enthousiastes. De plus, ils ont construit eux-mêmes l’arbre, ça leur a beaucoup plu. Les graines ayant été semées, il ne restait plus qu’à faire pousser… 
La plupart des élèves ont voulu lire leur feuille au reste de la classe, quelques uns l’ont tenue secrète. C’est une chouette idée, c’est rigolo de voir ce qui les a rendus heureux. », se souvient Sylvia Lieser.
 
Cet arbre et tout ce qu’il a entrainé de positif dans la vie de la classe a donné l’envie au groupe de faire un deuxième article dans le journal de l’école pour partager cette expérience.
 
ARTICLE 2
 
« En sophrologie, nous avons travaillé sur la vision du « positif ». Nous pensons qu’il est préférable de voir la vie du bon côté, de façon positive.
Madame Lieser nous a ramené du matériel pour construire un arbre du positif en carton et nous avons fabriqué des feuilles.
Le vendredi matin, nous écrivons sur une feuille un événement positif de notre semaine et nous le collons sur l’arbre. Notre arbre « pousse » ainsi de semaine en semaine »
 
Cette expérience a été très enrichissante, sur beaucoup de plans. Le déroulement des séances et les résultats au niveau de la concentration sont satisfaisants. La sophrologue, Sylvia Lieser espère que ce qui a été semé servira aux enfants dans leur vie à venir, scolaire ou non.

 

Laissons le mot de la fin à Anne-Sophie Rancoule, l’institutrice avec son bilan plus que positif sur l’expérience :
 
« L’introduction de la sophrologie à l’école […] fut une expérience très positive et enrichissante pour tous les élèves de cette classe de CM1/CM2.
La découverte des plusieurs « systèmes » corporels, de différentes postures de concentration, de petits exercices comme la concentration sur un objet ont apporté à la fois une « activité » innovante à l’école et un réel outil de concentration et de retour au calme en classe en dehors des séances de sophrologie.
Les élèves ont acquis plus de confiance en eux et une meilleure communication avec les autres, grâce notamment aux partages des « ressentis » à la fin de chaque séance.
 
Ces moments de partage bénéficiaient de deux règles très importantes qui ont permis aux élèves d’en profiter pleinement. Tout d’abord, l’accent était mis sur le fait que chaque personne pouvait ressentir des choses différentes et personnelles, donc pas de « bonnes » ou de « mauvaises » réponses. La deuxième règle très importante était la demande de parole et l’écoute attentive et respectueuse de l’autre. […] Pour conclure, je dirai que cette expérience est venue surprendre les élèves et les enrichir. Ils se sont sentis valorisés par ce projet de classe qui leur a permis de mieux découvrir et de leur apprendre à maîtriser leur corps et leur esprit. Certains élèves de cette classe ont vécu cette année des épreuves familiales éprouvantes et la sophrologie a été un outil pour les aider à surmonter leurs difficultés, à ne pas se laisser envahir par des pensées négatives ou des découragements qui auraient nui aux apprentissages. »
 
Extrait de l’article « Projet Concentration » paru dans la Revue Officielle de Sofrocay Académie Internationale de Sophrologie Caycédienne n° 78.
 
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Les profs et les élèves ont besoin de renouer avec le positif

 
Christine Demeure-Heems, Responsable des Ressources Humaines
et sophrologue caycédienne à Carvin (62)
 
Elle était convaincue. Son expérience lui a donné raison. En parallèle de sa carrière de responsable des ressources humaines, Christine Demeure-Heems est aussi sophrologue caycédienne. Son cabinet à Carvin ne désemplit pas d’enfants et d’adolescents avec qui elle a l’habitude de travailler en collaboration avec des orthophonistes et des médecins. Elle obtient de bons résultats. Alors, le bouche à oreille faisant son œuvre, non loin de là, une enseignante de l’école primaire d’Annœullin entend parler de la sophrologue et la contacte. A l’initiative de l’institutrice, elles décident ensemble de programmer trois interventions de la Sophrologue par classe sur l’année scolaire. L’idée est d’instaurer des séances de sophrologie à l’école, mais à défaut d’un budget suffisant pour multiplier ses interventions, Christine Demeure-Heems propose de transmettre des techniques simples aux enseignants afin qu’ils puissent les appliquer de façon plus pérenne. Elles organisent ensemble une réunion pédagogique pour présenter la démarche et le projet se concrétise.
 
L’expérience est réalisée avec des classes de niveau maternelle Grande Section, de CP et de CE1. Le jeune âge de ces élèves a évidemment incité la sophrologue à  adopter une démarche ludique.
 
Les séances ont vocation à :
  • Travailler les 5 sens, la présence du corps
  • Apprendre à se calmer et à se recentrer
  • Apprendre à se concentrer

 « Apprendre à sortir les poubelles »

Pour parvenir à capter l’attention des élèves, Christine Demeure-Heems va leur proposer des exercices de respiration assez simples, de relaxation dynamique (adaptée), des exercices de concentration sur un objet neutre (bouchon de bouteille), mais aussi de toucher, de sentir, de dessiner les yeux bandés, de ressentir ce que ça fait, etc.

« Pour le sophro-déplacement du négatif, j’ai pris une image qui leur a bien parlé. En faisant le parallèle entre leur corps et une maison ou une cabane, je leur ai expliqué qu’à la maison, il fallait régulièrement sortir les poubelles pour éviter qu’elle ne déborde de déchets. Je leur ai ensuite expliqué que c’était exactement la même chose à l’intérieur de leur corps. Que les émotions qu’ils ressentent comme négatives, qui génèrent en eux de la colère, de la tristesse ou de la nervosité les « polluent » à l’intérieur et qu’ils ont la possibilité des les faire sortir de leur corps. Je leur ai donc appris à « nettoyer à l’intérieur » avec le souffle et la force de leur pensée, à « sortir les poubelles ». Pour les exercices d’ancrage debout, pour les aider, je leur ai donné l’image d’un arbre, bien planté dans le sol, fort, solide, qui résiste au vent, à la tempête. Il faut s’adapter et leur donner des références qu’ils comprennent, ça les aide.»
 
Les phénodescriptions* seront proposées sous forme de dessins pour les plus jeunes.
 

 Phénodescription d’enfant qui « sort ses poubelles »
 

Phénodescription d’enfant « J’ai aimé quand on a fait l’arbre ».
 
Quand la question « Qu’avez-vous retenu de ces séances ? », a été posée aux enfants, les plus jeunes ont répondu par des dessins, d’autres ont répondu par exemple :
 
« C’est pour nous aider à nous sentir bien »
 
« C’est pour être gai, pour être heureux » 
 
« Ça fait du bien à l’intérieur »
 
« J’ai expliqué à ma maman que si quelque chose l’embêtait elle pouvait faire comme ça… pour s’en débarrasser »
 
*phénodescription : description des phénomènes ressentis pendant une séance de sophrologie.
 

Ce que ces séances de sophrologie ont changé :

 
Du côté des enseignants des différentes écoles, le constat est sans appel : que depuis que les enfants sont initiés à la sophrologie, le retour au calme se fait beaucoup plus vite en classe, mais surtout, qu’il y a une meilleure entente entre les élèves. Une institutrice, qui a instauré l’exercice tous les matins a trouvé que les élèves étaient différents. Elle notera une meilleure cohésion dans la classe, plus d’entraide entre les enfants. Grâce à un climat plus serein, elle a confié à Christine Demeure-Heems qu’elle a pu avancer beaucoup plus vite que d’habitude dans le programme car les élèves étaient plus réceptifs et concentrés. À la fin de l’année, chaque élève a donné un mot positif à son voisin. De quoi faire rêver de nombreux enseignants !
 
Christine Demeure-Heems, intervient également à l’école Jules Ferry de Bauvin auprès d’une classe de CM1 mais aussi au collège Etienne Dolet de Provin, auprès des 6ème pour la troisième année consécutive.
 

Au collège, on s’adapte encore…

 
« Avec les ados, la démarche est encore différente. Pour adapter la démarche de mes séances au plus près de leurs besoins, je leur donne des questionnaires à remplir et en fonction des informations que j’y trouve, j’adapte ma méthodologie. »
 
Pour les élèves de 6ème, le travail est accès sur la concentration. L’une des orthophonistes, avec qui Christine Demeure-Heems collabore est intervenue  sur la partie théorique auprès du CPE du collège avant la sophrologue.
 
« Les séances hebdomadaires durent une heure et se font avec des demi-classes en alternance. C’est amusant parce que je retrouve parfois certains élèves que j’avais suivis en CM1 et ils se souviennent des bases que je leur avais enseignées comme certains exercices de respiration et le déplacement du négatif. Nous avons invité l’infirmière scolaire, les enseignants et le personnel pédagogique à participer aux séances. L’infirmerie, c’est un peu le refuge des élèves et elle les connaît tous très bien. Par sa présence, nous cherchons un relais pour que notre action puisse continuer au-delà des séances.
 
Lors des séances auprès des ados, j’insiste beaucoup sur les points suivants :
  • Ce que vous faites, vous le faites pour vous.
  • On essaie au moins, même si on a des préjugés.
  • On  ne juge pas, on ne se moque pas.
  • On respecte l’autre et ses différences.
L’objectif de ces séances de sophrologie au collège est de donner à ces jeunes les clés pour qu’ils apprennent à se sentir bien, à gérer leurs émotions mais surtout à avoir confiance. Permettre aux enfants et aux ados d’avancer plus sereinement en gardant les pieds sur terre va les aider à ne pas se décourager et à trouver leur voie. Mais pour cela, il faut aussi accompagner les professeurs ! Les profs ont besoin aussi de renouer avec le positif. La clé, c’est eux. Ils sont le relais, il est urgent de leur donner les outils pour renouer avec les élèves. On peut changer l’approche sans changer l’objectif final qui est de les accompagner vers la réussite. »
 

Lutter contre le décrochage scolaire

 
Christine Demeure-Heems intervient également bénévolement auprès de l’association « Energie Jeunes » qui lutte contre le décrochage scolaire. L’association intervient dans des collèges pour faire de la prévention en abordant entres autres les sujets suivants :
  • Auprès des 6èmes : « Comment prendre de bonnes habitudes »
  • Auprès des 5èmes : « Progresser chaque jours »
  • Auprès des 4èmes : « Je ne cède pas au découragement »
  • Auprès des 3èmes : « Faire les choses à fond »
La sophrologue intervient par une approche différente mais complémentaire, faisant  le lien avec les valeurs si chères à la Sophrologie Caycédienne qu’elle tient à transmettre à ces jeunes : la dignité, la confiance et l’espoir.
 
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Cynthia Malaussena, infirmière scolaire, parie sur la Sophrologie

Cynthia Malaussena est infirmière scolaire du Collège Jean Rostand à Nice. Sensible au mal-être qu’elle perçoit chez les élèves qui viennent frapper régulièrement à sa porte, il lui vient l’idée de leur proposer un outil pour les guider vers un mieux-être. Elle choisit la sophrologie. Curieux de connaître l’impact de son initiative, nous lui avons posé 3 questions.

Pourquoi pensez-vous que la sophrologie peut être utile aux collégiens ?

 
Je me suis rendu compte au fur et à mesure des passages à l’infirmerie, qu’il y avait un vrai besoin de mieux-être chez les jeunes qui viennent frapper à ma porte. Je vois défiler toute la journée des adolescents qui ont des difficultés scolaire, familiale, affective… J’ai alors eu l’idée de proposer un projet de classe autour du bien-être. J’ai entrepris des recherches pour trouver une méthode de relaxation et j’ai finalement choisi de contacter l’École de Sophrologie Caycédienne de Nice. Monsieur Berteotti, le directeur de l’école m’a mis en relation avec une sophrologue caycédienne, Madame Cherbetdjian.
 
Le projet « bien-être » a commencé avec une classe très hétérogène de 24 élèves de 6ème. Je leur ai présenté le projet et Madame Cherbetdjian est venue leur proposer une séance de 2 heures à l’occasion de la JNDJ (Journée Nationale des Jeunes).
Nous les avons trouvé très réceptifs, le test était concluant, alors nous avons programmé des séances pour les élèves mais aussi pour les professeurs.
 
Pour les élèves, nous avons divisé la classe en 2 groupes de 12, pour faciliter le déroulement des séances. Au total, 8 sessions d’1 heure par semaine et par groupe ont été programmées et intégrées à leur emploi du temps.
 
Pour le groupe d’adultes, il s’agit d’un groupe tout aussi hétérogène constitué de profs, de la secrétaire, de la principale, de la documentaliste et de l’assistante de vie scolaire. Ils sont tous volontaires ! Les élèves ont besoin de se détendre, mais les adultes aussi. Tous subissent des pressions et travaillent et évoluent souvent dans un climat de tension, que ce soit avec les autres professeurs, les élèves ou les parents d’élèves… Le groupe d’adultes bénéficiera également de 8 séances d’1 heure réparties tout au long de l’année.

D’après vous, que leur a apporté la sophrologie ?

 
Je sens une évolution très favorable chez les élèves. Dans l’ensemble, je les trouve très motivés. Ils attendent même la séance de sophrologie avec impatience. Moi qui assiste à toutes les séances, j’ai remarqué qu’ils se livrent de plus en plus au sein du groupe. Cela créé et renforce des liens, j’observe plus de solidarité entre eux, comme s’ils étaient moins dans la compétition. Même si ce n’est pas évident pour tous, je constate une réelle volonté d’essayer. Ils proposent et mettent en place ensemble des solutions, des stratégies pour mener à bien chaque séance. Si certains parviennent mieux que d’autres à se « mettre dedans », les autres ne se découragent pas et essaient parce qu’ils ont tous compris que la sophrologie est une aide que nous leur proposons.
 
Je suis touchée de voir que les élèves de la classe « bien-être » ont tissé des liens différents, plus forts, avec leurs camarades. Je mesure déjà l’impact de ces séances qui leur ont permis de mettre des mots sur ce qu’ils ressentent, sur ce qui leur arrive. Par exemple, lorsque les profs leur disent « concentre-toi ! », ils ont aujourd’hui conscience de l’effort que ça demande, de ce que cela veut vraiment dire. Ils sont plus à l’écoute d’eux-mêmes et surtout ils ont réalisé qu’ils sont des personnes, pas seulement des élèves qui font partie d’un groupe.
 
Pour les adultes, même si certains ont eu du mal à se détendre la première fois, dès la deuxième séance il y a eu une évolution favorable. Après une séance de sophrologie, ils m’ont confié avoir ressenti un regain d’énergie, se sentir plus calmes et plus reposés.

Et à vous, qu’est-ce que la sophrologie vous apporte ?

 
La sophrologie m’a permis de comprendre beaucoup de choses… J’ai une meilleure perception des personnes et de mon environnement.
Cette expérience est encourageante et j’ai prévu de poursuivre le projet l’année prochaine, voire de l’étendre à d’autres classes. Les profs sont particulièrement demandeurs car nous travaillons dans un collège difficile où le niveau scolaire est assez faible et nous rencontrons quotidiennement des problèmes de discipline avec les élèves. J’ai organisé une réunion avec la nouvelle principale du collège, Madame Grondard qui est arrivée en cours d’année. Elle connaissait déjà la sophrologie qu’elle avait déjà eu l’occasion de pratiquer, et de fait, elle est très motivée par ce projet.
 
Quoiqu’il en soit, je pense qu’il ne faut pas baisser les bras, même si la sophrologie peut aider un seul élève à aller mieux, à s’en sortir, c’est toujours un élève, ça vaut la peine ! 
 
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« Nous avons la liberté sur la pédagogie. La mienne c’est la sophro-pédagogie »

Karine Allouche fait partie de ces enseignants qui s’investissent, qui s’engagent, qui transmettent avec passion. Directrice et enseignante de l’école maternelle et élémentaire Bompard à Marseille, elle est aussi sophrologue caycédienne. Elle conjugue ainsi avec maestria savoir-faire et savoir-être et distille le bien-être autour d’elle. L’amour de son métier et des enfants est toujours intact. Portrait.

« Transmettre ces outils précieux »

 
Depuis qu’elle est sophrologue, sa pédagogie a changé. Pour elle, c’est une évidence : « Je dois transmettre ces outils précieux. »
Voilà deux ans que Karine Allouche a monté et fait valider par l’Inspection Académique d’Aix-Marseille un projet expérimental. Celui d’initier l’équipe enseignante de son école à la sophrologie.
 
Ces sessions de formation se déroulent hors temps scolaire et ont pour objectif de leur transmettre certaines techniques sophrologiques afin qu’ils puissent les transmettre à leur tour à leurs élèves. La technique est simple et les bénéfices se ressentent en classe.
 
« Dans ma classe de Grande Section de Maternelle, les élèves ont entre 5 et 6 ans. Nous avons instauré des petits rituels sophro avec des exercices de respiration abdominale et un temps d’écoute de soi que nous employons en effectuant une sophronisation de base. C’est vraiment efficace : en une minute, les enfants corrigent leur posture, semblent plus à l’écoute d’eux-mêmes et des autres et sont alors disponibles pour commencer la journée. », nous a-t-elle confié. Un travail sur les émotions, puis à la rentrée prochaine sur les 5 sens, sur l’écoute de soi et la concentration sont déjà programmés.
 
« Nous avons l’obligation d’appliquer le programme prévu par l’Éducation Nationale, mais nous avons la liberté sur la pédagogie. La mienne, c’est la sophro-pédagogie. »
 
Karine Allouche, propose également une aide personnalisée aux enfants de CM1-CM2 sous la forme d’ateliers de sophrologie lors de la pause méridienne. Cet atelier accueille les volontaires qui souhaitent y participer de 11h30 à 12h00.
 
« À ma grande surprise, ils viennent tous ! », s’amuse-t-elle. Pendant que les autres enfants déjeunent ou s’amusent dans la cour de récréation, d’autres ne manqueraient l’atelier sophro pour rien au monde. « Venir dans une salle où on ne va rien leur faire faire, où on va juste être à leur écoute, sans rien leur demander semble leur faire beaucoup de bien. C’est incroyable tout ce qu’ils expriment dans leurs phénodescriptions*, quand ils commencent, on ne les arrête plus ! »
 
                      
Phénodescription d’enfant sous forme de dessin
 
*Phénodescription : déscription des phénomènes ressentis lors d’une séance de sophrologie
 
« C’est essentiel d’être à l’écoute des enfants. Ce ne sont pas que des élèves, mais de petits être humains que l’on doit prendre le temps de regarder, ne serait-ce que 5 minutes le matin, juste pour voir et essayer de comprendre comment ils vont. »
 
La transmission. Toujours. Quand Karine Allouche apprend par la Maman d’un élève de son école que son enfant a fait rentrer la sophrologie à la maison elle est très touchée. « J’ai vu mon fils expliquer à son frère comment retirer de lui la colère. » Les techniques enseignées en classe voyagent donc u-delà des murs de l ‘école.
 
En dehors de son établissement, justement, Karine Allouche intervient, avec cette fois, l’unique « casquette » de sophrologue dans d’autres établissements.
 

Avec les petits…

 
« J’interviens dans les cadre des NAP* dans une autre école de Marseille avec des élèves du CP au CM2. Les séances durent ¾ d’heure. Plus ils sont jeunes, plus les séances sont ludiques. J’adapte la méthode en proposant des exercices de respiration en soufflant sur une plume pour les plus jeunes, par exemple. Les enfants sont réceptifs et se détendent, ils font plaisir à voir. »
 
*Nouvelles Activités Périscolaires
 

Avec les plus grands…

 
« J’interviens également dans un  Lycée d’excellence de Marseille. Le projet a débuté il y a deux ans. L’idée était de proposer aux élèves de Terminale une séance découverte de la sophrologie.
 
Un module de quelques séances pour les volontaires a ensuite été proposé par la direction du Lycée. Ce lycée élitiste, où la pression est forte et l’esprit de compétition omniprésent a proposé aux élèves  qui se sentaient en difficulté d’apprendre à gérer le stress à l’approche des épreuves du Bac grâce à la sophrologie. C’était amusant d’observer les plus réticents au début. Ils considéraient qu’une séance de sophrologie était une perte de temps dans leur planning de révisions. Mais ils ont vite changé d’avis. Les plus stressés d’entre eux ont pris conscience de leur capacité à se détendre. Et finalement, ils ont majoritairement constaté qu’en 20 minutes, la sophrologie leur permettait d’être plus concentrés et donc plus performant pour étudier.
 
L’année dernière, le lycée a donc proposé une séance découverte pour les élèves de 1ère. Pour les élèves de 2nde, l’établissement a organisé « La matinée du corps » au cours de laquelle nous avons proposé une découverte de la sophrologie. »
 

Avec les enfants précoces…

 
Karine Allouche est également enseignante référente des enfants précoces de l’Académie d’Aix-Marseille. Dans ce cadre, elle souhaiterait proposer la sophrologie à ces jeunes à haut potentiel pourtant souvent confrontés au décrochage scolaire et à la déscolarisation. Elle s’investit pour cela bénévolement pour Zebra Alternative, une association créée afin de venir en aide aux enfants, adolescents et adultes surdoués.
 

La sophro à l’école c’est sa vie, sa bataille…

 
« Je fais aujourd’hui tout ce qui est en mon pouvoir et ce que mon agenda déjà bien chargé me permet pour faire reconnaître les bienfaits de  sophrologie par l’Éducation Nationale.
 
Je pense que la Sophrologie grâce à une méthode douce, simple et efficace permet de mieux se connaître, de développer son attention, sa concentration, d’explorer ses ressources et d’apprendre à les utiliser en toute harmonie. C’est important d’apprendre à gérer ses émotions, de  favoriser l'écoute et de savoir remobiliser ses différentes énergies (désirs, motivations)… Voilà un vaste projet qui pourrait inclure le bien être des élèves à l'école. C’est essentiel à la réussite éducative.
 
La cellule CARDIE (Cellule Académique Recherche-Développement Innovation et Expérimentation), que j’ai informé de mes actions et de mon souhait d’une reconnaissance officielle de la sophrologie incite les enseignants à s’investir pour le changement et soutient les projets expérimentaux. Il y a une prise de conscience sur le fait qu’aujourd’hui, le savoir ne suffit plus. Bien que l’Éducation Nationale favorise de plus en plus le bien-être, je n’arrêterais mon « combat » que lorsque la sophrologie sera officiellement reconnue d’intérêt général ! »
 
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« Ces enfants sont du bonheur ! »

Sandra Ratti est sophrologue caycédienne à Auxelles-Bas, une commune située dans le département du Territoire de Belfort en région Franche-Comté. Dans une vie antérieure, après une formation d’expertise comptable, Sandra Ratti a travaillé dans la vente puis dans le secteur de la publicité et de la communication. Un jour, elle prend un virage à 180° et comme elle le dit « J’ai basculé de l’équilibre des chiffres à l’équilibre humain ». 

L’épanouissement des enfants d’abord !

 
Passionnée par les valeurs de l’être, Sandra Ratti transmet désormais avec passion la sophrologie avec des techniques dynamiques et ludiques aux enfants, aux adolescents et aux adultes. Elle intervient aujourd’hui à l’école et au collège pour transmettre aux adultes de demain ces valeurs humaines qui lui sont chères.
 
À l’École Victor Schoelcher de Belfort, on n’apprend plus seulement à lire, à écrire et à compter. Un projet pédagogique expérimental a vu le jour cette année sur le thème : « Pacifier nos relations à soi, aux autres et à notre environnement. » Dans ce cadre, l’école fait intervenir Sandra Ratti pour transmettre aux enfants des techniques sophrologiques afin de les accompagner vers un mieux-être. Ce projet pédagogique de grande ampleur sera suivi pendant 3 ans.
 
L’objectif ? Permettre à chaque élève de s'épanouir dans l'environnement de la classe et de l'école, mais aussi, améliorer les relations des enfants entre eux pour leur permettre de profiter pleinement de l'enseignement qui leur est proposé.
 
 
 
Des axes spécifiques de travail des la sophrologues sont définis :
  • Développer la concentration
  • Apprendre à mieux se connaître
  • Exprimer ses préférences, ses émotions
  • Restaurer l'estime de soi
  • Accueillir les différences
  • Acquérir le respect.
L’idée est de transmettre par des techniques simples et ludiques des outils que les enfants vont apprendre, puis intégrer et enfin s’approprier naturellement. À raison de 5 séances hebdomadaires depuis le 9 mars 2015, les enfants découvrent par le jeu qu’il est possible de se détendre, de canaliser ses émotions et de vivre harmonieusement ensemble à l’école et même ailleurs. L’équipe enseignante a bien compris que dans ce projet tout le monde était gagnant et ont eux aussi l’intention de se servir de ces techniques dans leur pédagogie au quotidien.
 

Des collégiens emballés par la sophrologie

 
Au collège de Morvillars, des élèves de 6ème ont rendez-vous chaque vendredi, hors temps scolaire, de 13h à 14h avec Sandra Ratti. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils l’attendent comme le Messie !
 
« Je devais faire des séance avec 10 élèves et dès la deuxième séance je me suis retrouvée avec 15 puis 25 enfants. Impossible de faire l'appel et chaque fois de nouvelles têtes... Ces enfants sont du bonheur ! Lorsque je suis en retard, ils créent une chaîne dans les escaliers, dans les différents étages pour dire : elle arrive...elle arrive...elle arrive... ! Vous ne pouvez pas imaginer le bonheur en soi, de ressentir leur joie, leur excitation ! Lorsque j'ouvre la porte de la salle en 5 minutes ils ont poussé les tables, les chaises, sont installés en cercle, prêts à vivre un moment de jeux, de rencontres, de détente ... », s’émeut la sophrologue.
 
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Une petite partie du « Groupe sophro », élèves de 6ème du Collège de Morvillars
 
Ce projet au collège est soutenu par Madame Annie Brangard, l’infirmière scolaire de l’établissement.  Démunie face au mal-être de certains enfants et adolescents, elle ne savait parfois comment se positionner. Le projet est né de sa volonté d’accueillir les enfants différemment à l’infirmerie. « Après une discussion avec Annie, je souhaite mener un projet avec cette belle équipe, de continuer à les suivre, tout au long de cette scolarité au sein de l'établissement, qu'ils puissent être ambassadeurs dans leur établissement et plus encore, pour d'autres établissements scolaires ! Ils véhiculent une telle joie d'enfant, avec une motivation à porter des valeurs, que je ne peux résister à réfléchir, et construire à un projet grandissant... ».
 

« Avec les enfants précoces, ça marche d’enfer ! »

 
Contactée par l’Association AFEP (Association Française pour les Enfants Précoces), Sandra Ratti travaille avec un groupe d’enfants et d’adolescents âgés de 8 à 17 ans. « Ça marche d’enfer ! », dit-elle, très enthousiaste. « J’adapte mon approche en fonction de l’âge des enfants. Avec les plus jeunes, j’ai une approche plus maternelle, avec les ados, j’ai une approche plus adulte pour qu’ils se sentent valorisés. Ces enfants et ces ados ressentent un réel mal-être parce qu’ils ont du mal à trouver leur place. Nous faisons un travail sur le corps afin qu’ils retrouvent confiance en eux. En se libérant des tensions, des émotions négatives et du regard de l’autres, ils apprennent à s’accepter, à sortir de leur posture d’élite et à se sentir plus légers. »
 
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Séance de sophrologie avec un groupe d’enfants précoces
 
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La sophrologie vue par les enfants

La phénodescription est une étape importante en sophrologie qui consiste à décrire les phénomènes ressentis lors d’une séance. 
Elles peuvent se faire librement à l’écrit ou à l’oral. Les enfants les plus jeunes, ont choisi de dessiner pour exprimer ce que les exercices de sophrologie leur ont apporté. Ça se passe de commentaires…
 
 
 
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